Le genocide armenien


 

 

 




Turquie. Les 5 défis de l'entrée dans l'Union.

Par Anne-Marie Impe


La Corne d'Or. (Photographie: Anne-Marie Impe)

Pour ou contre l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne ?
« Pour, à condition que... », vient de répondre la Commission. Quant aux chefs d’Etat et de gouvernement des 25, ils se prononceront le 17 ou 18 décembre prochain.
Mais la question divise le monde politique et polarise chaque jour
davantage les opinions publiques, car elle ressuscite les peurs et suscite les passions. Le débat est biaisé. Le double langage, les a priori et les manipulations sont omniprésents. Les discours relèvent plus souvent de l’émotionnel que du rationnel.
L’objectif de cet article est dès lors double : s’interroger sur nos présupposés et leurs origines ; fournir au lecteur des éléments
d’information et d’analyse lui permettant de mieux cerner les intérêts en jeu dans ce dossier complexe et de se construire sa propre opinion. Bref : contribuer à rendre le débat un peu moins passionnel, mais bien plus passionnant.

Rien ne vaut la tour de Galata pour comprendre Istanbul dans sa complexité, géographique et historique. Cette fortification, construite au XIVe siècle par les Génois, offre en effet un observatoire magnifique pour découvrir les trois rives de Constantinople.
Sur la Pointe du Sérail, promontoire européen qui fait face à l’Asie, le palais de Topkapi, résidence des Sultans ottomans, émerge des jardins dans une brume mordorée. Ce qui frappe ensuite, c’est le nombre de mosquées. Et le contraste entre leurs dômes ronds et doux, couleur gorge-de-pigeon, et les minarets effilés, dressés vers le ciel comme des lances. Entre maisons et bazars, de l’aube au coucher du soleil, ces édifices religieux rythment l’espace et le temps de la cité.
En face de nous, les deux berges européennes sont séparées par la Corne d’Or, cet estuaire enfiévré, décrit avec lyrisme par Pierre Loti et tant d’autres auteurs romantiques. Et à gauche, de l’autre côté du Bosphore, la rive asiatique.
Istanbul est la seule ville au monde à être ainsi partagée, écartelée, diront certains, entre deux continents. Où tourner les regards, dès lors ? Vers l’Europe ou l’Asie ? L’Occident ou l’Orient ?

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