Le genocide armenien


 

 

 




Question kurde. la fin d'un cycle.

Par Pierre Vanrie

Ancienne réfugiée du village de Bogaz, revenue cette année dans l'espoir de reconstruire sa maison détruite en 1992 par l'armée turque.
Ancienne réfugiée du village de Bogaz, revenue cette année dans l'espoir de reconstruire sa maison détruite en 1992 par l'armée turque. (Photographie: Cédric Gerbehaye)

Qu’est devenu le PKK ? Six ans après l’arrestation de son chef, Abdullah Öcalan, que représente encore l’organisation armée séparatiste kurde ?
Est-elle définitivement marginalisée par les réformes adoptées dans le cadre de la candidature européenne de la Turquie ? Ou risque-t-elle au contraire de bénéficier des répercussions du chaos irakien ?

La perspective d’une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union européenne a des conséquences sur l’évolution de la question kurde en Turquie. En effet, les efforts consentis par Ankara pour se mettre en conformité avec les Critères de Copenhague se traduisent par des avancées, parfois uniquement symboliques, sur le plan de la liberté culturelle et linguistique. Ainsi la timide ouverture des ondes de la radio-télévision officielle (TRT) à de très courtes émissions en langue kurde, même si elle ne satisfaisait pas aux énormes aspirations identitaires kurdes, marque tout de même un tournant majeur dans un pays de tradition jacobine qui jusque-là niait l’existence même du fait kurde. Idem pour les cours privés en langue kurde qui, malgré les obstacles posés par une administration tatillonne et précisément imprégnée d’idéologie nationaliste turque jacobine, apparaissent dans plusieurs grandes villes de l’Est anatolien à majorité kurde.
L’accession au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP) contribue également à une certaine décrispation autour de la question kurde. Issu d’une tradition politique opposée au kémalisme jacobin pur et dur, ce parti trouve un solide écho et, par conséquent, de nombreuses voix dans les régions kurdes, plus traditionalistes, de Turquie.
Cette évolution s’inscrit en outre dans la foulée de l’arrestation en février 1999 d’Abdullah Öcalan, chef du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qui provoqua un séisme au sein de la mouvance kurde de Turquie, précisément dominée par le PKK, et qui précipita le déclin de ce parti. Par la voix de son chef emprisonné, celui-ci renonça à la lutte armée avant d’opérer un revirement idéologique à 180° en abandonnant ses références pankurdistes au profit d’un concept extrêmement flou prétendant vanter le modèle pour la Turquie d’une « République démocratique » où citoyens turcs et kurdes partageraient les mêmes droits.

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