Le genocide armenien


 

 

 




Les fondations politiques allemandes, acteurs transnationaux de la politique étrangère.

Par Dorota Dakowska

Partenaires de la Fondation Heinrich Böll
Au Sommet mondial sur le Développement durable, des partenaires de la Fondation Heinrich Böll inspectent un charbonnage dans la région de Witbank.

Les fondations politiques allemandes sont des acteurs très originaux de la politique étrangère. Considérées comme des ONG et bénéficiant d’une autonomie réelle, elles nourrissent des liens étroits avec les partis politiques.
En même temps, elles sont financées par des fonds publics et associées à la politique étrangère et de développement. Spécificité allemande, que de nombreux pays ont tenté de reproduire, les fondations fascinent par la multiplicité de leurs facettes et des champs politiques dans lesquels elles évoluent.

Créées pour la plupart après la Seconde Guerre mondiale, les fondations ont été initialement chargées de promouvoir le pluralisme des idées politiques dans la société allemande et d’encourager la participation des citoyens à la vie publique. Le cadre de la souveraineté limitée, lié à la présence des Alliés, a favorisé l’insertion d’un grand nombre d’organismes intermédiaires, non étatiques ou semi-publics dans la politique étrangère allemande. Préservant des degrés d’autonomie différents par rapport à l’Etat, ces organisations ont développé leurs activités en accompagnant, soutenant ou encore en relayant l’action publique. C’est ainsi que les fondations politiques ont été associées à la politique étrangère et de développement.
La place singulière qu’elles occupent dans les structures ministérielles allemandes a été renforcée par la création du ministère de la Coopération économique et du Développement (BMZ) en 1962. En tant qu’institution récente et relativement faible, le BMZ a pu profiter du soutien du lobby des ONG qui ont été associées à l’élaboration des concepts et à la mise en œuvre des politiques de développement.
Que ce soit au niveau national ou international, les fondations sont inconcevables sans
« leurs » partis politiques. La nature des fondations est censée refléter le pluralisme des idées démocratiques cohabitant au sein de la société allemande, représentées par les partis politiques du Bundestag. En effet, de nombreux liens personnels et idéologiques existent : des personnalités politiques siègent dans les conseils d'administration des fondations, les dirigeants des Stiftungen sont souvent d’anciens ministres. Cette proximité des partis garantit aux fondations un financement public régulier proportionnel au nombre d'élus de chaque parti au Parlement.


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Les six fondations politiques allemandes (Politische Stiftungen)

Friedrich-Ebert-Stiftung
proche du Parti social-démocrate (SPD), créée en 1925,
interdite en 1933 et réactivée en 1945 (FES)

Konrad-Adenauer-Stiftung
proche de l’Union chrétienne-démocrate (CDU),
créée en 1964 à partir de deux autres instituts (KAS)

Friedrich-Naumann-Stiftung
proche du Parti libéral démocrate (FDP),
créée en 1958 (FNS)

Hanns-Seidel-Stiftung
proche de l’Union chrétienne-sociale (CSU, partenaire bavaroise
de la CDU), créée en 1967 (HSS)

Heinrich-Böll-Stiftung
proche des Verts (Bündnis 90/Die Grünen),
créée en 1997 à partir de trois organisations financées
depuis 1989 (HBS)

Rosa-Luxemburg-Stiftung
proche du Parti du Socialisme démocratique (PDS) ; a reçu les premières subventions ministérielles en 1999 (RLS)